Adieu Epsilon ] outrage [

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Adieu Epsilon ] Outrage [
Adieu Epsilon ] outrage [

Je suis ravis de pouvoir débuter 2021 en musique et pas n’importe quelle musique, du bon rock prog associé à des textes engagés, sous la houlette de deux talentueux musiciens.

Permettez moi de vous présenter le duo de rock régressif québécois, Adieu Epsilon, qui se compose de:
Richard Dunn (guitares, basse, claviers, batterie, alouette) et
Philippe Garon (voix, clarinette).

Si ce duo se retrouve ici, c’est pour une très bonne raison, j’ai aimé leur album.

Adieu Epsilon ] outrage [

Le groupe existe depuis combien de temps?

Adieu Epsilon existe depuis le printemps 2019, donc ça va faire bientôt 3 ans.
Mais Richard et moi, ça fait plus de dix ans qu’on se connaît puis qu’on travaille ensemble sur différents projets artistiques.

Pendant un bout de temps, on se voyait souvent en famille avec nos enfants.

On jasait de nos références musicales puis un moment donné, on s’est dit qu’on devrait monter notre propre duo. On avait le goût de se payer la traite, d’inventer un son vraiment à notre goût.

Il est écrit rock régressif sur votre page bandcamp, comment décririez-vous votre style?

Dire qu’on fait du rock « régressif », c’est une boutade, c’est pour rire. Mais en même temps, c’est pas complètement faux.

Tout d’abord, parce que nos artistes de référence appartiennent principalement au mouvement progressif, qui est une patente de « vieux » 🙂

Ensuite, parce que dans nos pièces, on cite des compositeurs classiques, comme Debussy et Massenet.

Dans « Moi, Midas », il y a un clin d’oeil à Piazzola.

On a même arrangé à notre sauce une chanson française qui date de 1915.

On aime regarder dans les trésors du passé pour nous inspirer. En création, peu importe ce qu’on propose, il faut quand même avoir l’humilité de reconnaître qu’on ne réinvente pas l’eau chaude.

On est assis sur les épaules de géants. Alors, l’étiquette rock « régressif », ça évoque ça aussi pour nous.

Adieuepsilon
Adieu Epsilon ] outrage [

Quelles sont vos influences musicales?

Comme je disais, Richard et moi, on a été marqués par les maîtres du prog: King Crimson, Pink Floyd, Yes, Rush, etc. Ça implique une certaine vision de ce que ça peut être, une chanson.

Et c’est un mouvement qui s’appuie en partant sur l’influence de la musique classique.

Alors même si ce n’est plus un style musical très à la mode, l’âge d’or du prog remontant à une cinquantaine d’années, c’est ça que nous on a le goût de faire.

Si je prends l’exemple du jazz, dont les heures de gloire remontent aux années 1930, ça n’empêche pas qu’il y a des gens pour faire avancer ce style-là encore aujourd’hui et un public qui s’y intéresse.

Pour nous, c’est la même chose pour le prog.

Il y a aussi, pour les textes, l’importance de faire du rock en français. C’est un cliché, mais on assume pleinement l’idée selon laquelle il faut résister au rouleau compresseur de la culture étasunienne.

Ça implique de nous inscrire, en toute modestie, dans le même élan que des groupes québécois comme Octobre puis Aut’Chose, par exemple.

Accordez-vous de l’importance à la qualité de la prise de son et du mastering?

Dans la vie de tous les jours, Richard travaille comme technicien au studio Tracadièche de Carleton-sur-Mer.

Il n’a pas le choix de toujours viser l’excellence dans ces aspects-là. Pour satisfaire les clients, la minutie, le perfectionnisme, c’est essentiel.

Donc non seulement ça lui prend une oreille bionique puis beaucoup de connaissances sur les outils puis l’acoustique, mais en plus, il doit constamment se maintenir à jour dans les technologies du domaine.

Alors c’est clair que pour Adieu Epsilon, c’est un gros atout.

Surtout que les amateurs de prog sont en général des mélomanes assez obsédés par la qualité du son… Richard en est d’ailleurs un spécimen assez crinqué!

Puis comme il a une solide formation de musicien en plus, c’est clair que pour lui, rien n’est laissé au hasard, tout est bien réfléchi. 

Croyez-vous au support numérique vs l’analogique?

Richard est mieux placé que moi pour répondre à cette question-là.

Je vais lui laisser le crachoir: « Pour ce qui est du numérique versus l’analogique, ça dépend de quel aspect en particulier on parle: enregistrement, production ou distribution?

Mais dans le fond, je dirais simplement qu’en tout état de cause, il faut vivre avec son temps. Je n’embarque pas dans ce débat-là, les deux technologies ayant leurs bons côtés.

Par contre, ce qu’il y a d’évident, c’est que le numérique a changé radicalement notre façon de consommer de la musique en plus de démocratiser le processus d’enregistrement et de mixage. Et pour ces deux dernières facettes, il faut le dire, c’est pour le meilleur et pour le pire… »

D’où puisez-vous votre inspiration pour les textes?

Dans le cas d’ ] outrage [, qui est un album de confinement, c’est clair que l’actualité nous a gâtés.

Rapidement, le besoin de m’exprimer sur l’imbécilité humaine s’est imposé.

L’éternel antagonisme entre la gauche puis la droite. La division, l’incompréhension entre les deux camps, mais aussi la zone grise où nous nous trouvons tous.

Parce qu’entre nos valeurs, nos convictions, environnementales, économiques ou politiques par exemple, puis nos comportements, il y a une méchante marge.
Nos bottines ne suivent pas tout le temps nos babines…

En plus, on connaît bien l’importance des albums concept dans l’histoire du prog. Cette formule-là s’est rapidement imposée pour ] outrage [.

Colin Paquette Garon Et Leonard Jordaan
Crédit photo: Colin Paquette Garon Et Leonard Jordaan

Qu’aimeriez-vous dire à nos lecteurs afin de les inciter à acheter votre musique?

Tout d’abord, on le constate de plus en plus ces derniers mois, c’est important de consommer local.
Si on appliquait à la culture d’ici ce principe qu’on comprend de mieux en mieux pour des secteurs comme l’alimentation et les vêtements, je pense que c’est tout le Québec qui en ressortirait gagnant.

Aussi, personnellement, je réfléchis beaucoup à l’effritement de la diversité culturelle. Pendant mes études universitaires, un de mes profs m’a initié aux travaux du linguiste Claude Hagège.

Selon ses études, environ 25 langues disparaissent chaque année à la surface du globe. Et à chaque fois qu’une langue disparaît, c’est une manière de concevoir le monde qu’on perd avec elle, une façon de comprendre l’être humain.

Moi, personnellement, je trouve ça tragique. Évidemment, le français ne fait pas face à la même menace que des langues comme le Mi’gmaq ou le Yiddish.

Mais on aurait tort, à mon avis, de prendre ça à la légère.

Et sans vouloir faire la morale, je n’hésite pas à pointer du doigt la culture étasunienne.

Chaque fois qu’on se laisse influencer par le bombardement publicitaire de la culture de masse, qu’on achète un produit culturel étasunien, on prive les travailleuses et les travailleurs culturels d’ici de ressources importantes non seulement pour gagner leur vie, mais aussi pour garder notre culture dynamique et en santé; Bien vivante.

Je ne dis pas qu’il faut arrêter complètement d’écouter de la musique ou des films qui viennent d’ailleurs, au contraire.

C’est bien de voir ce qui se fait en Europe, en Afrique, en Asie.

Mais au même titre que c’est mieux de se procurer des tomates cultivées ici, moi je crois que comme citoyens, nous avons le pouvoir et la responsabilité de nous nourrir d’abord de ce que les créatrices et les créateurs d’ici proposent. 

Voici le lien vers ] Outrage [, le deuxième album du duo de rock régressif adieu epsilon. Bonne écoute  :

https://adieuepsilon.bandcamp.com/album/outrage


 

Adieu Epsilon
Adieu Epsilon

Philippe Garon

343, Thivierge

Bonaventure (Québec)

G0C 1E0

418-534-3510

contact@philippegaron.com

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