L’ère numérique vue par Junilabs

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Junilabs
Junilabs de Eric Juaneda

Junilabs

Nous sommes fin 2019, pile le temps de faire un bilan, sinon, un tour d’horizon de nôtre ère numérique et de son devenir.

Je me suis entretenu avec Eric Juaneda, le propriétaire fondateur de l’entreprise Junilabs, au sujet de ses produits qu’il a peaufiné avant de les rendre disponibles sur le marché, mais surtout vous apporter un éclairage neuf sur l’ère numérique en 2019.

J’ai donc posé quelques questions à Eric et voici ce qu’il avait à dire.

La musique numérique ne cesse de progresser ou stagne-t-elle ?

Les deux à la fois et de façon simultanée !

La musique destinée au grand public est majoritairement mixée pour être écoutée sur un Smartphone.  (saturation quasi permanente du signal, pas de dynamique, peu ou pas de détails).

Junilabs Audio Player Classical
Classical choice

Parallèlement certains labels de plus petite taille peaufinent encore plus leur produits et offrent des prises de son exceptionnelles. (STS Digital, BlueCoast Records, First Impression Music, JVC, Linn, Passavant Musique, SHM, Proprius, Fidelio, ECM, Channel Classics, Foné, Alpha-Prod, Opus 111, Hypérion, SnipRecords, TopMusic, Erato, Analekta, Vivarte, Glossa Music, Divox Antiqua, Pentatone, liste non exhaustive, …)

On trouve actuellement de tout, du très bon, du moyen et du grotesque.

 

Junilabs Audio Player Screen Shot
Junilabs Audio Player en mode lecture 176.4/24

 

À quel moment as-tu décidé d’écrire ton propre player ?

Initialement, je n’ai jamais eu l’intention d’écrire mon propre player ; cela demande beaucoup de temps et développer du code n’est pas mon activité principale.

Mes développements se limitent généralement à quelques utilitaires aux fonctions très précises.

Toutefois, certaines esquisses (logicielles) offraient une finesse de restitution qu’il semblait intéressant de creuser; il aurait été dommage de les laisser dans des cartons.

Le player s’est imposé de lui-même.

Voici le lien pour télécharger le manuel de l’utilisateur du #JunilabsAudioPlayer:

https://www.magazine-audio.com/…/Junilabs-Audio-player-FAQ

Pour celles et ceux qui veulent pouvoir le lire hors connexion Internet, ce qui avouons le est plus confortable.

Bienvenu dans un monde de musique, sous Windows avec l’interface WASAPI (Windows Audio Session Application Programming Interface), tel que vous ne l’avez jamais entendu auparavant.  

Ton dernier DAC, le Jundac 6 est non-suréchantillonné, peux-tu nous expliquer ses avantages vs l’upsampling ?

Le premier DAC Junilabs Jundac Two était déjà un modèle non-suréchantillonné.

Pour le nouveau DAC USB, j’ai fait table rase de tout passé, toute expérience et idée reçue.
Repartir d’une feuille blanche.

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Jundac 6 face avant

J‘ai essayé la quasi-totalité des marques et des puces suréchantillonnées. (ça fait quelques cartes de prototypes qui ont atterrit sur les étagères.)

Chaque puce est différente, il a fallu étudier les points forts et les faiblesses de chacune afin de pousser à son optimum la musicalité.

Pour ce pointilleux travail, il n’existe aucune info ni dans la documentation constructeur, ni sur le net.

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Jundac 6 vue arrière

Le but de tous ces prototypes n’était pas de trouver la “meilleure” des solutions mais celle qui sonne le plus juste.

Il n’existe aucun système idéal et le convertisseur non-suréchantillonné est celui qui offre une sonorité la plus réaliste.
Il n’est pas parfait, mais c’est la solution qui s’approche le plus du son original.

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Jundac 6 se dévoile

Sur de “petits” systèmes hi-fi les colorations du suréchantillonnage viennent merveilleusement bien compenser le manque de dynamique du système.
Dans ce cas, le suréchantillonnage est le bienvenu.

Il existe plus d‘une centaine de points qui vont influencer le rendu sonore d’un DAC.

Suréchantillonné ou non-suréchantillonné n’est qu’un point parmi tant d’autres. Il est inutile de passer trop de temps à ces débats.

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Jundac 6 vue interne

 

Bon nombre de gens parlent du DSD comme le pinacle de l’audio, tu en penses quoi ?

L’étonnante qualité qu’ils constatent est liée au remarquable travail d’enregistrement et de mastering du studio d’enregistrement.
Ce remarquable travail se retrouve aussi chez certains studios qui travaillent en PCM.
 

 

Le lundi 28 octobre 2019 tu as mis en ligne le Junilabs Audio Player, en libre téléchargement (gratuit), peux-tu nous parler des principales caractéristiques de ce player ?

Le Junilabs Audio player est prioritairement axé sur la qualité d’écoute. Les amateurs de belle interface graphique vont être déçus.

Le Junilabs Audio Player fonctionne uniquement sous Windows.

Le Junilabs Audio Player est gratuit.

Le Junilabs Audio Player est bit-perfect. (La totalité des playeurs audiophile le sont).

Le Junilabs Audio Player à un code très épuré afin d’offrir un excellent rendu sonore. Moins de 6 players sur le marché ont cette prétention

Il existe des logiciels ou des méthodes manuelles qui visent à optimiser le rendu sonore en stoppant les services Windows non nécessaires et mettant en veille certaines fonctions afin de minimiser le travail du processeur.

Cette méthodologie n’a rien à voir avec celle mise en œuvre par le JAP, elle est complémentaire. Si vous l’utilisez déjà, ne vous en privez pas.

Junilabsplayer Setup Inovaudio Room
Contexte d’écoute du Junilabs Audio Player

L’optimisation à la Junilabs Audio Player a un côté mystérieux et ludique.

Après optimisation d’un fichier audio, vous disposez de l’original et de sa version optimisée. Il vous est loisible d’écouter et de comparer les deux versions. (avec ou sans le Junilabs Audio Player d’ailleurs).

Quand le système est bien mis en œuvre, vous constatez que deux fichiers identiques, d’un point de vue binaire, peuvent sonner différemment !

J’ai croisé sur le net certains utilisateurs ayant constaté qu’un même fichier audio copié dans différents dossiers pouvait avoir une sonorité différente.
Cette constatation était surprenante et ne trouvait guère d’explication.

Avec le JAP c’est la mise en pratique concrète de ce phénomène, sans appareil de mesure complexe, sans avoir fait 10 ans d’étude, sans avoir compulsé une documentation de 200 pages.
Il suffit de disposer d’un système audio bien mis en œuvre. J’insiste encore sur le terme bien-mis-en-œuvre et pas forcément onéreux.

 Ne me croyez surtout pas, mais vivez le. Faites l’expérience par vous-même.

 

Junilabsplayer Setup Inovaudio Room 2
interface épurée du Junilabs Audio Player

 

Certains ont déjà tenté d’optimiser soit le player, soit les fichiers audio, mais quelques-uns n’entendent aucune différence, qu’est-ce que tu en penses ?

La plupart des utilisateurs sont satisfaits de leur installation.
Bon nombre avouent ne pas entendre de différence entre un fichier mp3 et un studio master en 24-bit 96KHz.

Dans ce cas, optimisation ou pas, Junilabs Audio Player ou autre ne fera aucune différence.

Pour élucider cette problématique, mieux vaut travailler la mise en œuvre du système car ce qui est perçu sont les “bouchons” qui le constituent et non les équipements.
C’est dommage vu le temps et l’investissement consenti.

 

Tokyo International Audio Show 2019 142
Avalon Acoustics au Tokyo International Audio Show 2019


 

Les fichiers DSD ne semblent pas être lus natif par le JAP qui envoi du 176k PCM vers le DAC est-ce volontaire de ta part ?

La solution actuelle utilise une bibliothèque logicielle externe.
Elle permet d’écouter des fichiers DSF ou DFF sans en exploiter pleinement le potentiel ; ça changera dans les prochaines versions du Junilabs Audio player.

Le format 1-bit DSD est le format le plus complexe qui soit.
Les explications que l’on peut lire par-ci par-là sont tellement simplistes qu’elles finissent par en être erronées.

Le format 1-bit DSD n’est ni à condamner, ni à aduler. Il est possible d’en obtenir de bons résultats mais ce n’est pas simple.

 Expliquer clairement le 1-bit DSD nécessite plusieurs pages d’explications et d’illustrations.

Cet article est en cours de rédaction mais pas encore finalisé. Il le sera quand le JAP sera en mesure d’appuyer certaines affirmations.

 

Explique-nous pourquoi il faut un player épuré et un OS qui ne travaille pas en tâche de fond, pour lire la musique dans son intégrité ?

Pour trouver un OS qui ne travaille pas en tâche de fond, il va falloir chercher loin; ils travaillent tous en tâche de fond !

Avec ses multiples quartz tournant à des fréquences très élevées, son processeur, ses chipsets… l’ordinateur est le système le plus bruyant qui soit en matière de pollution électrique, électromagnétique, vibratile…(bruit de fond).

De par sa conception un ordinateur est la plateforme la plus inapte à reproduire de la musique ! (Smartphone et Raspberry Pi sont aussi des ordinateurs).

Toutes ces pollutions dénaturent le rendu sonore.
D’un point de vue logiciel, toute minimisation du travail du processeur est salutaire car elle diminue ces pollutions.

Le remplacement de composants physique comme l’alimentation ou le disque dur par des équipements moins bruyant est aussi salutaire, mais ce point est largement abordé sur le net.

 La simplification du code, le choix de certaines routines ou algorithmes va directement influencer le rendu sonore.

Vous noterez que la communication interne au logiciel est plus légère sur les systèmes d’exploitation 64-bit comparés à leur homologue en 32-bit.

C’est pour cette raison que l’interface graphique du Junilabs Audio Player est minimaliste et que certaines fonctionnalités bien présentes sur la plupart des players n’y figurent pas.

L’ordinateur est un équipement hi-fi comme les autres, le logiciel (software) est aussi important que le matériel (hardware).

Sans une bonne source (ordinateur), le meilleur des DAC ne resterait qu’un maillon à la sonorité terne et sans saveur.

 

Vivaldi Fone
Foné classical ensemble

 

Un fichier en 16/44.1 est-il meilleur que tous les autres, si oui pour quelles raisons ? 

Nous venons de voir que plus le processeur travaille, plus le rendu sonore se dégrade. Voyons cela en détails :

– Passer de 44.1hHz à 88.2kHz double le travail processeur.

– Passer de 88.2hHz à 176.4kHz double le travail processeur.

– Passer de 176.4hHz à 352.8kHz double le travail processeur.

– Passer de 16 à 24 bit multiplie par 3/2 le travail processeur.

On comprend vite le problème.

Augmenter la fréquence d’échantillonnage et le nombre de bits va simultanément améliorer certains points et en dégrader certains autres du fait d’une activité processeur accrue.

From the new world
Dvorak From the new world by Fidelio

Dans les faits, on constate que la dynamique subjective (le punch, l’impact, le guts ressenti) d’un fichier à 44.1KHz sera toujours plus importante que son homologue à 88.2kHz ou plus.
Du fait du travail processeur plus important, chaque augmentation de la fréquence d’échantillonnage induit une dilution de la dynamique subjective, il y a de moins en moins d’assise, d’impact, c’est plus flottant.

A contrario l’augmentation de la fréquence d’échantillonnage apporte une  finesse sonore accrue, plus de détails, de précision, de définition, diminue la granulosité.
Augmenter le fréquence d’échantillonnage ou la résolution (passage de 16 à 24-bit ) revient sensiblement au même d’un point de vue subjectif.
C’est valable que vous écoutiez un système suréchantillonné ou non.

Reste à constater à quel moment le ratio amélioration/dégradation est optimum.
Dans la pratique le meilleur compromis sonore est obtenu avec des fichiers échantillonnés à 88.2kHz ou 96kHz avec une résolution de 16 ou 24 bits.
La résolution de 24-bit n’est pas obligatoirement le meilleur choix, il faut expérimenter. Certains players ont une résolution fixe (16, 24 ou 32-bit fixe). Le JAP s’adapte à chaque fichier.

 

Que dis-tu aux utilisateurs qui voudraient une tablette pour piloter leur player à distance ?

C’est très pratique de pouvoir naviguer dans sa discothèque avec sa tablette.
La communication entre la tablette et l’ordinateur est extrêmement gourmande en ressource.
C’est une source importante de dégradation sonore. Pour cette raison et dans un soucis de performance,  l’interface du Junilabs Audio Player est très (très) épurée.

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Juniwave 2

Parallèlement à l’écoute de musique, quelques mélomanes se sont intéressés au résonateur de Schumann.

Au sujet du Juniwave 2 (résonateur de Schumann), qu’est ce qui t’a amené à concevoir un tel produit et pour quels usages ?

Au départ une simple curiosité…. (lol)

Par la suite le Juniwave 2 est devenu le compagnon quasi indispensable de toute installation audio de bonne qualité.

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Vue interne du Juniwave 2

Penses-tu qu’il soit possible de parler science quantique avec des profanes ?

Non, surtout pas (lol). Profanes ou spécialistes, mieux vaut éviter le sujet, ça tourne rapidement au dialogue de sourd.


Conclusion

Après avoir passé 3 ans à être bêta testeur de deux players de musique sous Windows, j’en suis venu à la conclusion que le Junilabs Audio Player est le meilleur choix du marché pour toutes les bonnes raisons invoquées dans cette entrevue et plus encore, puisque c’est un player atypique, qui réclame de savoir le domestiquer et faire appel à votre côté le plus humainement subjectif pour en tirer le meilleur.

Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore entendu le Jundac 6, mais je l’espère.

En revanche je connais bien le Junilabs Audio Player pour l’avoir vu grandir au fil des mois, vers sa maturité.

Mon conseil pour une expérience au plus près de l’émotion musicale, épurez votre OS, désactivez sur votre ordinateur ce qui n’est en rien nécessaire à la lecture de musique, coupez le WiFi, installez un disque SSD interne sur lequel il n’y aura que l’OS et les programmes, les datas seront mis sur une SD card ou un disque SSD externe USB3, installez le maximum de RAM que votre ordinateur peut en contenir, soignez l’alimentation électrique, idéalement raccordez à l’ordi une terre virtuelle, choisissez un cordon USB avec le signal séparé du 5V qui devrait être blindé, rippez avec soin vos Cd avec XLD (Mac OS) ou dbPoweramp (Windows), concentrez vous sur la résolution native 16/44.1 et là vous serez prêt à jouer dans les ligues majeures, si je peux m’exprimer ainsi.

Je vois déjà l’expression faciale de certains d’entres vous, les sceptiques purs et durs qui considèrent l’audio numérique qu’en représentation de 1 et de 0 … ce qui dans un certain sens est exact, mais sachez que même la vitesse de mise en mémoire tampon (buffer), la nature et conception du cordon USB, le type d’entrée USB, le choix du filtre numérique dans le DAC, tout ceci influencera la qualité du son, c’est un postulat.

Le Junilabs Audio Player, qui dois-je le rappeler est gratuit, bien géré, tout autant que les fichiers audio que vous allez lui faire avaler, car ne perdez pas de vue que vous devrez faire avec deux inconnues dont vous n’avez pas la maîtrise, la prise de son et le mastering, devrait vous procurer un son d’une qualité proche d’une platine Cd de salon d’une valeur de 6 à 10 000$, en fonction du DAC que vous utilisez.

Petits conseils avant d’optimiser soit le player, soit un fichier audio, assurez vous d’être dans un environnement calme, sans bruit, éteignez vos appareils électroniques, coupez le WIFI dans la maison, et surtout, soyez réceptif à la musique, en toute circonstance, restez cool.

Information et contact

Junilabs

Concepteur/propriétaire : Éric Juaneda

http://www.junilabs.com/


La pensée du moment

Lorsque tu fais quelque chose, saches que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. [Confucius].

Cet article a été rédigé par Eric Juaneda et Marc PHILIP rédacteurs indépendants, tous droits réservés, copyright 2019, les textes et photos sont la propriété de l’auteur et du magazine.

2 Commentaires

  1. Non, ce n’est pas encore le meilleur. Il a un défault important qui n’est pas signalé dans l’article, il n’est pas gapless. De plus l’optimisation des pistes se fait une par une, c’est fastidieux.

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