USB en musique

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DAC USB + Mac Book Pro
DAC USB + Mac Book Pro

Introduction

Nous poursuivons notre quête de réponses sur la question de l’écoute de musique dématérialisée, avec Eric Juaneda notre consultant technique, avec qui nous allons entrer dans le vif du sujet, à savoir comment gérer de la musique en fichiers HD ou pas, depuis un ordinateur.
Eric est un concepteur d’appareils, il possède une solide expérience dans le domaine numérique, son avis est d’autant plus précieux qu’il conçoit ses produits en fonction de deux choses : la théorie par la technique et la science devant ses appareils de mesure et la pratique à l’écoute de la musique avec ses sens.


Que penses-tu des liaisons USB ?

En audio HD, le Firewire comme l’USB sont ce que l’on peut appeler de faux standards.

Le type de connecteur est défini, le protocole de dialogue est défini, mais pas le language parlée !
L’utilisation de tel périphériques est liée à l’installation d’un driver plus ou moins propriétaire lié au système d’exploitation (Windows, Linux, MacOS) et à sa version.
La pérennité de tels équipements est limitée à quelques années (3 à 5 ans), selon moi.

Lire l’article qui nous avait permis d’introduire le sujet.

Quel sont ses forces et ses faiblesses ?

Mettons immédiatement fin aux fausses rumeurs.
Toutes les liaisons telles : S/PDIF, AES, HDMI, USB, IEEE1394, Wi-Fi, Bluetooth… permettent d’atteindre un excellent niveau de qualité sonore. La qualité globale du DAC ne dépendra pas de ce point. Cette question est du ressort du constructeur.

À propos du logiciel de lecture?

Outre ses capacités à pouvoir gérer votre bibliothèque discographique de façon conviviale, ses capacités techniques vont influer sur la restitution sonore. Le choix du logiciel dépend aussi de votre système d’exploitation, l’offre n’est pas homogène.
Les qualités sonores d’un DAC dépendent à 80% de la qualité analogiques du produit, 10% de la qualité de l’horloge, 10% du filtre numérique de suréchantillonnage.

C’est sur les 20% que le logiciel de lecture peut influer (…10% de la qualité de l’horloge, 10% du filtre numérique de suréchantillonnage.).

Note importante à propos des transferts de fichier audio.

Pour une lecture optimum, le fichier audio doit être envoyé au convertisseur USB tel qu’il est encodé.
Si le fichier est encodé en 44.1KHz, il devrait être envoyé en 44.1KHz à votre convertisseur USB.
Le transposer à une autre fréquence (96KHz, 192KHz…) nécessite le passage par des étapes de conversion qui vont dégrader le rendu sonore.

Et la HD dans tout ça?

Caler son système de lecture à 192KHz pour lire tous les fichiers semble alléchant.
Il ne l’est pas car 192KHz n’est pas un multiple de 44.1KHz.

Les filtres de suréchantillonnage intégrés dans les DAC sont qualitativement sonore plus élaborés et plus performants. Préférez-les à ceux de votre ordinateur.

Que retrouve t on comme type de fichier audio dans un ordinateur?

Une bibliothèque de fichier numérique va être constituée de fichiers encodés à 44.1KHz, 88.2KHz, 96KHz, 176.4KHz, 192KHz et 352.8KHz (DXD).
Mieux vaut se pencher sur le choix du logiciel de lecture dès le départ. N’hésitez pas à demander conseil à votre revendeur.
Nous utilisons régulièrement sous Mac OS X :

  • iTunes 10.3.1 (Uniquement comme catalogue),
  • Pure Music 1.82,
  • Amarra 2.2,
  • Audirvana 0,9f,
  • AudioGate by Korg,
  • Front Row.

L’immunité de la source ?

Nombreux d’entre nous voient en l’ordinateur une certaine immunité en matière de qualité sonore comparé à ce qu’offre un lecteur CD.

Insérer un ordinateur dans un système Hi-fi, c’est faire entrer le loup dans la bergerie.

Ses divers quartz, ses multiples processeurs (processeur, chipset, carte graphique…) travaillant à plusieurs gigahertz, son disque dur tournant à grande vitesse, ses alimentations à découpage, son émission Wi-fi, Bluetooth… en font un milieu particulièrement bruyant.

Il n’existe pas d’environnement plus hostile à la reproduction musicale qu’une tour d’ordinateur.
Travailler sur l’environnement de votre ordinateur va influer directement sur le rendu sonore de votre système.

La liste non exhaustive des impondérables : La qualité du cordon USB, le support physique sur lequel repose l’ordinateur, la qualité l’alimentation électrique, le blindage contre les émissions électromagnétiques… vont influer sur le rendu sonore de votre système hi-fi complet et pas seulement sur le rendu de votre convertisseur USB.

Vaut il mieux un DAC USB ou un DAC traditionnel avec une interface USB – S/PDIF ?

Il faut voir au cas par cas. Chacun ayant ses points fort et ses faiblesses.

Qu’est ce que le constructeur doit faire comme devoir pour que ça fonctionne optimalement?

On sait que par le sans fil on ne peut dépasser une réso de 44.1 par exemple alors que le HDMI autorise le maximum de réso que ce soit audio ou vidéo.

Il ne faut pas confondre capacité technique et qualité audio.
Le raccourci c’est de penser que tout convertisseur capable de travailler à 192KHz sera meilleur qu’un 44.1KHz. Il n’y a aucun lien de causalité.
Les liaisons de type Wi-Fi affichant un débit de 36Mb ou 56Mb sont tout à fait apte à passer un signal en 24bit/192KHz stéréo.
Qu’il n’y ait aucun constructeur qui propose une puce ayant un tel débit n’implique pas que cela soit impossible.

Aide mémoire :

  • Le Wi-fi n’est pas un standard audio,
  • L’USB n’est pas un standard audio,
  • Le IEEE1394 (Firewire) n’est pas un standard audio,
  • Le S/PDIF est un standard audio (pour l’instant) limité à 24bit/192KHz stéréo,
  • Le HDMI est un standard audio/vidéo capable de travailler en 24bit/192KHz multi canal ou SACD.
    Son intégration est liée à l’acquisition par le constructeur d’une licence d’utilisation couteuse. Il n’équipe pour l’instant que les équipements de cinéma maison et aucun matériel audio haut de gamme à quelques rares exceptions près.
  • Le THUNDERBOLT de chez Intel offre la polyvalence de l’USB et les avantages du HDMI. Sa diffusion n’en est qu’a ses débuts. Peut être est-ce le futur standard audiophile ?

Que dire sur la connexion AES/EBU, il paraitrait que ce soit le seul moyen de passer le maximum d’information numérique actuellement?

L’AES/EBU avec son connecteur XLR est historiquement utilisé dans les studios d’enregistrement. L’utilisation de connecteur XLR en audio numérique est un peu désuète du fait qu’ils n’ont pas une impédance normalisée de 110 Ohm comme le voudrait la norme.
Celui qui accepte la plus grande distance de câble est le standard AES3id utilisant un connecteur BNC 75 ohm et un signal numérique de 1.0Vpp. Tous les convertisseurs S/PDIF acceptent un tel niveau d’entrée et bon nombre de lecteurs offrent déjà les 1.0Vpp de signal de sortie numérique.
Dans la liaison numérique ce qui est important c’est la qualité du câble, suivi de la régularité de l’impédance de l’ensemble : connecteurs (male+femelle)+cordons+circuit imprimé.
Les irrégularités d’impédance créent des réflexions (des oscillations, des rebonds) qui sont source de jitter.

Le DAC Trends Audio 10.1 avec son alimentation AC externe optionnelle

Quid de l’ordinateur portable ? Ne serait ce pas là une voix plus judicieuse qu’une tour PC, bruyante ?

Toutes les tours ne sont pas des PC 🙂
Toutes les tours ne sont pas bruyantes, c’est pour cela que je m’équipe depuis plusieurs années chez DELL.
De plus en plus de constructeurs se penchent sur l’utilisation d’un ordinateur en tant que source audio.
Les disques durs SSD possèdent une alimentation silencieuse, les processeurs travaillant plus lentement sont moins gourmands en énergie, l’absence de ventilateur… La différence entre une tour et un portable se limite au format du châssis.

Vaut il mieux un DAC USB ou un DAC traditionnel avec une interface USB – S/PDIF ?

Il faut voir au cas par cas. Chacun ayant ses points fort et ses faiblesses.

Concrètement, car tu évites la question 🙂

Oui certes, mais pour répondre il faudrait rentrer dans des considérations techniques compliquées qui n’aideraient pas les lecteurs. Chaque convertisseur, de par les choix technologique du constructeur, est différent.
Ce qui explique les différences énormes que tu as déjà pu constater.

J’utilise une interface USB qui est bridée à 48kHz, tous mes fichiers HD sont downsamplés.

Tu bénéficies tout de même du passage en 24 bits et les fichiers en 44.1KHz ne sont pas altérés. Disons que si tu veux lire des fichiers de 192 kHz il n’est pas adapté à tes besoins.

Je pense sérieusement à le remplacer par un m2Tech EVO, qui gère le 192kHz.

Voila un très bon choix. J’en ai un et il s’accorde merveilleusement bien avec les convertisseurs et horloges Junilabs.

Avec le trio Jundac + Juniclock + HiFace EVO, l’EVO n’est utilisé que pour transférer les données de l’ordinateur vers le DAC.
Les qualités sonores de la Juniclock lui font prendre la main et synchronise le convertisseur Jundac et l’interface EVO.
Peu importe la qualité des horloges de l’EVO puisqu’il fonctionne en mode esclave (synchro extérieure).

Autre option, le Firewire avec le DAC Weiss 202 par exemple, mais là il faut que je vende mon auto et je n’y tiens pas.

Tu as aussi l’option M-Audio Profire 610 qui s’accorde merveilleusement bien avec les convertisseurs et horloges Junilabs, d’ailleurs j’en possède une également.
La encore, le Profire 610 peut fonctionner en esclave et laisser l’horloge externe faire son travail.

La cerise sur le gâteau, c’est l’intégration dans l’horloge Juniclock One d’une alimentation de très haute qualité dédiée à alimenter l’EVO ou la Profire 610.
Rien qu’avec cela tu as déjà pris quelques longueurs d’avance.


Conclusion

Prochaine étape, mettre tout cela en pratique, notre édition suivante sera la présentation de quelques DAC USB et de leur évaluation, ceci dans le but de commencer par la base, puis nous verrons bien où cela va nous conduire.
J’ai rarement écouté autant de musiques différentes en si peu de temps, c’est le premier constat et j’aime ça.


Contact et information technique

Junilabs

Manager : Eric Juaneda
Site web perso : http://tech.juaneda.com
Page web professionnelle : http://www.junilabs.com


Cet article a été rédigé par Eric Juaneda et Marc PHILIP, rédacteurs indépendants, tous droits réservés, copyright 2011, les textes et photos sont la propriété de l’auteur et du magazine.

Bon divertissement.

7 Commentaires

  1. A mon humble avis l’avenir de l’audio numérique passera par la connexion réseau, l’audio-over-IP existe déjà depuis
    quelques années mais un nouveau groupe indépendant nommé Ravenna propose une version optimisé pour le transport de l’audio (avec support du timecode), ordinateur, logiciel,amplificateur, haut-parleurs actifs vont bénéficier de cette nouvelle connectivité.
    Des interfaces IP à MADI-AES-Analogues voient déjà le jour dans le milieu professionnel et c’est une question de temps avant que le hi-fi haut de gamme fasse le saut.
    Plus d’info ici:
    http://ravenna.alcnetworx.com/technology/about-ravenna.html
    http://www.merging.com/products/show?product=11&page=85

  2. A mon humble avis l’avenir de l’audio numérique passera par la connexion réseau, l’audio-over-IP existe déjà depuis
    quelques années mais un nouveau groupe indépendant nommé Ravenna propose une version optimisé pour le transport de l’audio (avec support du timecode), ordinateur, logiciel,amplificateur, haut-parleurs actifs vont bénéficier de cette nouvelle connectivité.
    Des interfaces IP à MADI-AES-Analogues voient déjà le jour dans le milieu professionnel et c’est une question de temps avant que le hi-fi haut de gamme fasse le saut.
    Plus d’info ici:
    http://ravenna.alcnetworx.com/technology/about-ravenna.html
    http://www.merging.com/products/show?product=11&page=85

  3. Tout à fait d’accord avec Michel Forbes. Le domaine analogue restera toujours bien sûr à l’entrée et à la sortie, mais tout le reste – gestion, transport, synchro – va rester en digital, fort probablement DSD, et l’infrastructure actuelle offre déjà une performance bien supérieure à ce que l’audio demande, a fortiori la restitution domestique. Est-ce qu’on pourra se “logger” sur du direct en studio haut-résolution? pourquoi pas, ça serait un juste retour à ce qui a fait les beaux jours du broadcast, d’autant plus que si l’industrie adopte une plateforme ouverte – comme Ravenna – , on pourrait rêver à bien des scénarios qui vont bien, bien au-delà de l’expérience médiatique actuelle!

  4. Tout à fait d’accord avec Michel Forbes. Le domaine analogue restera toujours bien sûr à l’entrée et à la sortie, mais tout le reste – gestion, transport, synchro – va rester en digital, fort probablement DSD, et l’infrastructure actuelle offre déjà une performance bien supérieure à ce que l’audio demande, a fortiori la restitution domestique. Est-ce qu’on pourra se “logger” sur du direct en studio haut-résolution? pourquoi pas, ça serait un juste retour à ce qui a fait les beaux jours du broadcast, d’autant plus que si l’industrie adopte une plateforme ouverte – comme Ravenna – , on pourrait rêver à bien des scénarios qui vont bien, bien au-delà de l’expérience médiatique actuelle!

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