SVS Ultra Towers

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SVS ultra Tower

Pour clore le dossier de notre système de référence 2013, nous voici arrivé à la pièce maîtresse, les enceintes acoustiques.

Best buy 2013: SVS Ultra Towers + CeolBOX + BC Acoustique EX522 power amp
Best buy 2013: SVS Ultra Towers + CeolBOX + BC Acoustique EX522 power amp

SVS, ce nom ne vous dit sans doute rien ou pas grand chose, puisqu’il s’agit d’un nouveau joueur d’origine US, basé en Ohio, qui fait fabriquer ses enceintes acoustiques en Chine, afin de proposer une gamme élaborée avec soin, cohérente et pour tout dire d’un bon rapport qualité prix.

Le but étant de satisfaire la demande de plus en plus grande d’une clientèle qui s’intéresse aux performances, à la technologie, mais qui ne veulent ou ne peuvent pas dépenser des sommes importantes dans du matériel hifi et cinéma maison. cqfd

Nous entrons dans une aire de compromis honorables, qui ne fera pas que des heureux… le bonheur des uns fait généralement le malheur des autres.
C’est donc l’élément du rapport qualité prix qui m’a donné envie de m’intéresser au produit.
Objet de ce présent compte rendu:

SVS Ultra Towers
SVS Ultra Towers
  • Enceintes acoustiques floor standing
  • 3 voies et demi,
  • Type bass reflex
  • Poids 34 kg
  • Hauteur: 114 cm
  • Profondeur: 42 cm du bas à 20 cm en haut
  • Largeur: 35 cm
  • SVS Ultra Tower : 1998 $ la paire
  • Origine: USA
  • Fabrication: Chine

Communication fluide avec le distributeur US, j’ai reçu une paire de Ultra Towers à des fins de review, juste après le salon de Toronto 2013.

D’une élégance rare du moins sur les photos, la laque noir piano apparaît superbe, c’est la grande classe, j’avais donc de grandes attentes. Quelques chiffres histoire de vous motiver: Tweeter de 1 pouce, double médium de 6,5 pouces et deux woofers de 8 pouces, sensibilité de 88 dB sous 8 ohms, réponse en fréquences de 28 Hz à 32 kHz à +/- 3 dB.

Dessin en coupe SVS Ultra Tower
Dessin en coupe SVS Ultra Tower

Le dessin apposé sur le côté de la boite de transport ne laisse aucune ambiguité sur le contenu et représente exactement la conception bien faite des caisses qui se trouvent à l’intérieur.

Configuration des drivers emprunté à Joseph d’Appolito pour la partie médium aigu, double woofer dans le bas de l’enceinte en montage push pull, tout est hermétiquement séparé, l’évent de 4 pouces situé à l’arrière. Jusque là, le menu est plus que complet et je suis en appétit.

Pour le prix, c’est noel avant l’heure.
Déballage relativement aisé, au premier regard juste en sortie de carton, la finition est exemplaire, c’est la classe. Pour tout vous dire, la finition des SVS Ultra Towers s’est révélée être sans défaut, j’ai déjà vu des modèles à 40 000$ qui étaient moins bien finis, c’est tout dire.

Tout est conforme; sculpturale c’est une belle boite aux formes asymétriques, afin de réduire les ondes stationnaires dans le coffret, qui est livrée avec 4 patins en caoutchouc vissés aux emplacements destinés à recevoir également des pointes, au choix. Sur ce point, l’idée d’équiper ses enceintes d’emblée de supports idoines permet sans stress de déposer la caisse sur le sol sans arrière pensée, puis de réfléchir à savoir si cela vaut la peine d’installer les pointes en acier fournies d’origines… à cette interrogation, la réponse est non, je ne vous le conseille pas.

En effet, les pointes SVS ne sont pas vraiment du même calibre que l’enceinte qu’elles sont supposées coupler au sol, de fait, je ne recommande donc pas leur usage. Nous verrons plus loin la solution alternative que j’ai utilisé avec succès.

SVS Ultra Tower jumpers d'origines
SVS Ultra Tower jumpers d’origines

Le tour du propriétaire se termine sur les connecteurs arrières, qui permettent soit l’emploi de strapps (jumpers), soit la possibilité de faire du bi-câblage et/ou de la bi-amplification, ce qui est une bonne nouvelle pour celles et ceux qui envisagent d’amplifier séparément la partie grave, par exemple.

En ce qui me concerne, j’ai opté pour la solution simple câblage et strapps, c’est mon côté pratico-pratique.

Les écoutes

J’ai utilisé tour à tour un amplificateur BC Acoustique EX522 (2X80W), Stormaudio V55 (2X170W) et LK85 modifié (2X85W) en stéréo, relié à mon CDP integris comme source pour alimenter les enceintes acoustiques SVS modèle Ultra Towers (1998$ la paire), je me suis également servi d’un NAS CeolBOX de Michel Forbes comme source, ainsi nous sommes parvenus à finaliser un système multimédia complet pour moins de 4000$, ce qui constitue de fait un exceptionnel rapport qualité prix.

Aux premières heures d’écoutes, mis à par quelques colorations ici et là, je ne relève pas de défaut majeur. Ça joue plutôt bien, du moins correctement, sans plus. Mais il se trouve que plusieurs dizaines d’heures plus tard, le son s’est comme “assagi”. Il manque néanmoins quelque chose.

Le grave est un peu lourd malgré un bon placement, l’aigu un peu agressif, le médium pour s’exprimer doit s’appuyer sur un volume sonore conséquent. Bref, cela correspond sans doute à l’écoute que vous êtes en droit d’attendre d’une paire d’enceintes acoustiques à 2000$ la paire, mais je ne peux pas croire une seconde que ces SVS Ultra Towers ne puissent aller plus loin avec un tel coup de crayon, c’est impossible.

Alors ni une ni deux, je suis allé explorer plus avant les possibilités en terme d’optimisation pour essayer de leur donner des ailes.

Remplacement des strapps (jumpers) par des références sur mesure
Remplacement des strapps (jumpers) par des références sur mesure

Première étape, retrait des strapps (jumpers) d’origines… ces petits bouts de métal doré sont là souvent pour faire bonne impression visuellement et satisfaire aux exigences de l’installation de base, mais ne sont en aucun cas pertinents pour le son.

Donc, exit. Remplacement par des modèles fait sur mesure en alternance avec des Furutech jumperflux rhodium, histoire de comparer. J’aurais très bien pu utiliser des bouts de cuivre massif de 2,5mm de diamètre, mais quitte à faire les choses, autant qu’elles soient bien faites. Je peux vous assurer que les performances sont toujours au rendez vous.

Là immédiatement la différence s’est fait entendre. Meilleure cohérence des timbres, image stéréo bien mieux structurée, stable, pas ou peu d’artéfacts, beaucoup moins de coloration, la liaison grave, médium et aigu se fait de façon naturelle, sans trou, sans bosse, c’est à l’évidence, infiniment meilleur, mais il reste que l’image fantôme en 3D pourrait être améliorée.

Je suis toujours sur les 4 supports en caoutchouc et nous savons depuis longtemps que ce matériau est certes excellent pour isoler des vibrations, mais qu’en retour il apporte sa couleur sonore.

C’est une caractéristique, pas forcément un défaut, mais en ce qui me concerne, je n’aime pas. L’image stéréo est souvent plus étriquée et la basse moins franche, le bas médium plus en avant donne le sentiment de confort, au détriment de la disparition de pleins de micros détails. Je préfère de loin coupler sur pointes et contre-pointes afin de drainer les vibrations résiduelles et libérer ainsi le grave de sa lourdeur, ce qui se vérifie dans la majorité des cas.

Les SVS Ultra Towers n’échappent pas à cette règle. Mais au lieu de les équiper de 3 ou 4 pointes, j’ai trouvé avantage de leur en installer qu’une seule sous la ligne des woofer au centre avant, à quelques cm du bord et de laisser les deux points souples à l’arrière. Pour arriver à mettre à égalité l’assiette avant/arrière, j’ai rajouté deux cales en matériaux composite sous les plots de caoutchouc.

J’ai choisi une pointes inox petit modèle de mon catalogue inovaudio (fait au Canada) et une contre-pointe à deux matériaux, puisque la version à 3 matériaux était un peu trop épaisse.

De fait de ce nouveau couplage, la dynamique subjective a fait un bond en avant conjugué avec les nouveaux strapps (jumpers), la hauteur logique des voix s’est placée précisément à la bonne hauteur. Quel plaisir, quelle satisfaction, ça valait la peine de pousser plus avant les investigations.

En conséquence, il y a plus d’air, l’image stéréo gagne en effet 3D et … ça cogne solide à chaque coup de basse! Les transitoires sont rapides, tendues, franches. Un régal sur la plage N°1 avec Jim Keltner aux drums, enregistrement audiophile XRCD24 de Sheffield Lab en version 24 bits super analog sound.

Mes écoutes se déroulent généralement à un volume de -20db à -10db … et bien, j’ai pu aller jusqu’à +6db sans ressentir de gène. Certes, j’avais à ce moment là un amplificateur Stormaudio V55 qui venait d’être up gradé.

La dernière touche est venue du réglage du débit de l’évent arrière. SVS livre d’origine les Ultra Towers avec une sorte de bouchon en mousse, fait pour s’insérer dans l’évent lorsque le besoin s’en fait sentir, c’est à dire quand le grave devient trop envahissant.

Event bouché, le grave est mieux contenu, plus sec, les transitoires mieux contrôlées. L’évent libre laisse vraiment passer beaucoup d’air et ça s’entend, je ne le recommande pas pour la hifi, mais en mode cinéma cela peut s’avérer intéressant.

Afin de trouver un compromis honorable entre totalement bouché ou totalement ouvert, j’ai utilisé une mousse alvéolée que j’ai roulé juste assez pour qu’un espace d’air puisse encore circuler. Ainsi, il ne restait plus qu’à déterminer si cette mousse devait soit être totalement insérée ou si elle donnait de meilleurs résultats un peu sortie.

Best buy 2013: SVS Ultra Towers + CeolBOX + BC Acoustique EX522 power amp
Best buy 2013: SVS Ultra Towers + CeolBOX + BC Acoustique EX522 power amp

J’aime avoir le choix. C’est donc en jouant avec toutes ces possibilités que je suis parvenu à atteindre un équilibre satisfaisant.

Vous fier uniquement au montage d’origine ne permet pas d’explorer toutes les nuances dont sont capables ce type d’enceintes acoustiques. J’avais fait le même exercice avec une paire d’enceintes Monsoon FPF 1000 de la même origine dont je me sert encore aujourd’hui de référence, qui présentaient alors un potentiel équivalent. L’expérience nous prouve, une fois encore, que la curiosité n’est pas forcément un vilain défaut 🙂

Ecouter les SVS Ultra Towers sans les optimiser ne permet pas de les apprécier à leur juste valeur. Ces beautés sont capables de bien des prouesses en autant que le reste des électroniques soient en mesure de le donner et que vous les optimisiez.

Sans quoi, c’est bon, mais tout juste. Alors méfiez vous des reviews un peu trop optimistes, quand c’est trop beau pour être vrai, c’est souvent le cas.

SVS Ultra Tower
SVS Ultra Tower

Les SVS Ultra Towers méritent mieux qu’une installation de base. Leur potentiel est énorme, leur capacité dynamique à peine croyable.

Pour des enceintes acoustiques de ce prix là, c’est un don du ciel.

Vue du filtre séparateur de fréquences de la SVS Ultra Tower
Vue du filtre séparateur de fréquences de la SVS Ultra Tower

Pourtant, si on regarde le filtre séparateur de fréquences, il n’y a là que de très très ordinaires composants, il y a donc matière à amélioration de ce côté là, pour les plus hardis d’entres vous. Chose que je ne peux qu’encourager, les Ultra Towers le méritent.

L’aspect négatif? Certains manufacturiers ont maintenant du soucis à se faire.

SVS ultra Tower
SVS ultra Tower

À propos des SVS Ultra Tower.

Strengths/ Points forts :

  • Construction sérieuse de la caisse;
  • Sonorité riche et percutante;
  • Finition exemplaire;
  • Facile à vivre et à placer;
  • Le prix.

Weaknesses/Points faibles :

  • Rien de bien important.

Conclusion

Ces colonnes SVS ultra Towers tiennent leur promesse et constituent d’emblée un choix raisonnable comme base solide d’un système hifi ou cinéma maison. Nous avons pu constater qu’en mode stéréo elles ne déméritent pas et s’en sortent même très bien face à toutes sortes de styles de musiques. Mais là où je les ai aimé, c’est sur les percussions, le drum. C’est incontestablement leur terrain de prédilection. Plus des centaines d’autres qui correspondent à mes musiques préférées, dont certaines figurent sur notre page.

Avec l’optimisation on peut en toute logique estimer le gain à environ 25% de plus. Jamais au grand jamais ces enceintes n’auraient pu performer sans le remplacement des strapps (jumpers) ni le couplage par la pointe avant, ni l’ajustement de l’évent.

Je conçois mal qu’un reviewer digne de ce nom puisse se contenter de juste déballer les belles, les écouter et venir en dire du bien sans jamais avoir dépassé le stade du montage standard, c’est inconcevable, ce qui rend les conclusions inexactes. Pour en tirer le meilleur il faut les optimiser, pas le choix; comme c’est souvent le cas avec ce type de matériel, sans quoi, cela peut être bon, mais juste bon sans plus, alors qu’il est facile d’obtenir de nettes améliorations en se donnant les moyens d’y parvenir.

La base est solide, c’est un bon exemple de design pour une enceinte acoustique digne de ce nom, tout est séparé, cloisonné, bien disposé, hyper rigide, je n’ai pas noté de vibration parasites où que ce soit, la finition impeccable, l’évolution est encore possible, notamment en améliorant les composants du filtre, un vrai cas d’école selon moi.

Ces Ultra Towers sont un vrai deal et pour moins de 4000$ tout compris, nous avons élaboré un système qui pourrait en réalité coûter plus du double si on tient compte des résultats sonores obtenus.

SVS Ultra Tower
SVS Ultra Tower

Pour 2000$ la paire de SVS Ultra Towers, il n’y a rien sur le marché actuellement qui puisse rivaliser, rien, absolument rien.

Facile à vivre, super bien finies et musicales, ces enceintes pourront facilement trouver leur place dans à peu près n’importe quel environnement, idéalement dans un espace d’une superficie comprise entre 15 et 45 m2.

Mon amplificateur de 2X85W par canal a suffit à la tâche, mais c’est avec les 2X170W de l’ampli Stormaudio V55 que nous avons obtenu les meilleurs résultats.
Des attaques franches, un médium aigu bien balancé, pas ou peu de tonalité désagréables, comme ce fut le cas avant le remplacement des jumpers et de l’optimisation en général. Même si la finesse n’est pas leur fort, la force d’impact et l’équilibre tonal sont de bon aloi.

On s’entend que le tweeter métal de 1 pouce fait ce qu’il peut et c’est presque un miracle ce que les ingénieurs de chez SVS ont obtenu avec un filtre pareil. Sachez que les drivers sont conçus et réalisés par SVS. Le contrôle qualité, d’après ce que j’en sais, est particulièrement sérieux, gage que le prix ne fait pas tout.

SVS Ultra Towers en mode cinéma maison
SVS Ultra Towers en mode cinéma maison

Depuis quelques temps, les Ultra Towers sont intégrées dans mon système cinéma maison et je crois pouvoir dire qu’elles s’y sentent à leur avantage autant pour les films que pour accompagner les spectacles.

La liaison avec le subwoofer est parfaite, le spectacle garanti, le tout pour un budget réduit; l’espoir renaît pour les ménages modestes de se faire vraiment plaisir avec du matériel qui en a dans le ventre, au delà d’agrémenter de façon avantageuse n’importe quel living room par une esthétique pour le moins flatteuse.

Pour les alimenter en mode cinéma maison, j’ai opté pour deux blocs puissance de type class D, équipés de modules Gemincore CL3, qui délivrent une puissance de 120w environ.

SVS Ultra Tower le choix de la rédaction
SVS Ultra Tower le choix de la rédaction

SVS propose également tout une série de haut-parleurs pour combler les désirs les plus fous en terme de cinéma maison, je vous laisse explorer le site du manufacturier et du distributeur canadien.

Toutes les personnes qui sont venues écouter les SVS Ultra Tower chez moi sont unanimes. Alors en plus d’être le choix de la rédaction parce que nous avons pris le temps et la peine d’aller un peu plus loin que le simple déballage + installation pour les apprécier, et pour son extraordinaire rapport/qualité/prix c’est également un best buy 2013.


Contact et information

Gary Yacoubian
SVS – President and Managing Partner
Office: +1 703.436.1477
Mobile: +1 240.876.5149
Dan Marks
Director of Operations
Specialty Technologies LLC.

Distributeur pour le Canada

sonicboomaudio
6-105 W Beaver Creek Rd
Richmond Hill, ON
L4B 1C6
Canada


Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. — Confucius

Cet article a été rédigé par Marc PHILIP, rédacteur indépendant, tous droits réservés, copyright 2014, les textes et photos sont la propriété de l’auteur et du magazine.
Bon divertissement.

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