Polisse

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Au cœur de la brigade de la BPM de Paris

Un film de : Maïwenn,
Dialogues et scénario : Maïwenn et Emmanuelle Bercot,
Genre : drame policier faits de société,
Origine : France,
Année de sortie : 2011.

Mais qui est Maïwenn?

De son vrai nom Maïwenn Le Besco, elle est née en 1976, est donc âgée de 36 ans au moment où j’écris ces lignes, elle cumule les casquettes d’actrice, réalisatrice et scénariste.

Les plus attentifs d’entre vous auront vite fait le rapprochement avec la Diva du cinquième élément 🙂 et vous avez raison.

Source wikipedia :
En 1991, âgée de 15 ans, Maïwenn fait la connaissance de Luc Besson lors de la cérémonie des César. Elle se marie avec lui l’année suivante et donne naissance à leur fille, Shanna.
Après le début de sa liaison avec Besson, elle arrête sa carrière durant plusieurs années et vit aux États-Unis. Lassée du métier d’actrice, elle vit pendant plusieurs années à Beverly Hills et reprend des études, intégrant notamment une école de mode.

Elle tient un petit rôle (créditée sous le nom de Ouin-Ouin) dans le film Léon, dont elle réalise le making-of, et interprète sous un épais maquillage le personnage de la Diva Plavalaguna dans Le Cinquième Élément.

Elle ne tient cependant ce dernier rôle que pour remplacer l’actrice initialement prévue, qui s’était désistée à la dernière minute.
En 1996, sur le tournage du Cinquième Élément justement, Luc Besson tombe sous le charme de Milla Jovovich et se sépare de Maïwenn peu après la sortie du film.

Revenons au film : Polisse

Vous pensiez avoir tout vu, tout entendu?
Attachez votre ceinture, ce film est tourné comme un reportage la caméra à l’épaule ou presque, on entre de plein pieds, pour ne pas dire de plein fouet au cœur de la brigade de protection des mineurs (BPM) de la ville de Paris.
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le climat social de la France, vous allez être servi, mais il paraît que l’on pourrait transposer la scène ailleurs dans le monde.
Le rôle de la BPM est de traiter des dossier reliés à la traque des pédophiles, des gens qui font des délits incestueux, de dérive sexuelle, de harcèlement en groupe, ce qui n’est pas rare dans les cités où vivent les plus démunis, mais il y a aussi des histoires sordides dans des milieux favorisés, il ne faut pas se le cacher.

Confrontés à cette réalité quotidienne, les policiers en charge de cette brigade font de leur mieux pour tirer d’affaire les cas les plus difficiles, souvent en urgence, faisant avec les moyens à leur disposition, pas toujours fiables ni adaptés, ni disponibles, sans compter une hiérarchie dépassée pour ne pas dire détachée, totalement insensibles à la détresse humaine… que ça en est affligeant.

Ces femmes et hommes tentent au travers de ces vicissitude de gérer leur propre vie privée.
Le film commence véritablement quand une jeune photographe joué par Maïwenn himself) est envoyée faire un reportage photo au cœur de l’unité de police.
Cette situation nous permet de suivre au quotidien du bureau au manœuvres sur le terrain, ces personnages minés par un labeur hyper stressant, dont on a du mal à imaginer qu’ils puissent encore y croire eux même, c’est une vocation, une profession de foi, pas un simple métier.

Ce film met en scène des personnages haut en couleur, authentiques, des rôles de composition sont répartis ici et là, en particulier JoeyStarr (qui m’a agréablement surpris) que l’on voit ici dans la peau d’un “gentil” flic serviable et honnête, mais un peu dépassé par ses sentiments, il apporte de fait sa double personnalité, dans un rôle appuyé par d’autres excellents comédiens, je pense notamment à Karin Viard, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, liste non exhaustive.

Je vous recommande de voir ce film pour plusieurs raisons, la première étant que c’est très bien filmé, la seconde pour le travail incroyable qui leur a fallu pour construire le scénario, tous les comédiens (iennes), amateurs et professionnels sont remarquables d’authenticité, ça en est presque gênant parfois.
L’aspect purement factuel pour les non initiés, va vous laisser béa de stupéfaction.

Vous pensez que c’est de la fiction?
Détrompez vous, c’est la réalité de tous les jours pour un certain type de population et pour les officiers de la BPM.

Quant aux histoires de mœurs sordides, c’est malheureusement une autre réalité qui fait moins les manchettes et qui touche toutes les couches sociales, on se demande combien de déviants sexuels il reste encore dans la nature, mais ça fait peur.
Ce film est à classer dans les indispensables, pas que ce soit le film de l’année ou le meilleurs scénar, mais il apporte cette présence qui sied habituellement aux reportages pour la télévision.

On ressent durant près de deux heures les affres des personnages qui incarnent la réalité de certains policiers, leurs doutes, leurs faiblesses, leurs angoisses, leur fragilité malgré tout … ce ne sont que des être humains torturés par une réalité qui les dépassent.
Le film les montre dans des situations d’urgence, des positions délicates, lors des prises de décision on voit leur détresse se lire dans leurs yeux, l’impuissance face à certaines situations est incommensurable, je me suis senti mal pour eux dans bien des situations, vous serez j’en suis certain amené à vous questionner de savoir comment vous auriez réagit si vous aviez été à leur place.

Faire un choix est un geste parfois lourd de conséquence.
Il y a un côté cabotin qui n’est pas déplaisant, avec la démonstration haute en couleur de chaque individu de la brigade, la place est laissé à chaque histoire avec une certaine intimité, les regards, beaucoup de plan sont ciblés sur les regards.
Nous avons aimé ce film pour sa gravité, mais aussi pour sa tendresse, et le pouvoir suggéré de nous mettre en situation avec eux autres.
Voyez ne resterez pas indifférent, c’est certain!
Cela va remettre fatalement en perspective pas mal de vos certitudes, vous ne regarderez plus jamais les policiers de la BPM de la même façon, ces gens là font un boulot exigent au delà des mots, c’est selon moi un hommage que leur a rendu Maïwenn à sa façon, parfois brutale, mais sans voyeurisme excessif.

Mise en garde : le langage est parfois vulgaire, ce qui pourrait en choquer plus d’un.
Mais c’est un film à voir absolument, ne serait que pour passer de l’autre côté du miroir, vivre a travers le grand écran l’impuissance face à la détresse humaine et tout à la fois la tout puissance de la police et leur compassion, bref, vous l’aurez compris, c’est un nouveau coup de cœur du cinéma français qui décidément ne cesse de nous gâter.
Bravo à toutes ces femmes et hommes, officiers de police qui malgré tout se lèvent tous les jours pour accomplir leur mission avec une conscience professionnelle qui frise la dévotion.

Polisse est un film fort, puissant, d’une rare authenticité, qui livre les faits tel qu’ils sont, sans ambages et je vous rappelle que ce n’est pas une fiction, ce sont des histoires d’humains qui composent notre société.
Tout ceci me laisse à penser que nous avons une chance inouïe de vivre dans le confort douillet de nos maisons individuelles et que nos enfants ne sont pas laissés à eux même dans les rues à la merci d’un prédateur quelconque, pourvu que ça dure.


La pensée du moment :

Le temps n’a pas d’importance, seule la Vie compte.


Cet article a été rédigé par Marc PHILIP, rédacteur indépendant, tous droits réservés, copyright 2012, les textes et photos sont la propriété de l’auteur et du magazine.
Bon divertissement.