incendies

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Le film incendies

Je ne suis pas du genre à en rajouter, mais ce film est d’une rare authenticité pour passer sous silence ou dans une simple chronique du septième art, nous n’en sommes plus là, cela va bien au dela qu’un simple scénario de cinéma.
Ce film écrit et réalisé par Denis Villeneuve est issu d’une pièce de théâtre du dramaturge Wajdi Mouawad, «Incendies»

Le film incendies par Denis Villeneuve

Genre : Drame
Message politique à peine voilé…

Distribution des rôles principaux:

  • Lubna Azabal, Nawal Marwan aussi appelée la femme qui chante
  • Mélissa Désormeaux-Poulin, Jeanne, la fille
  • Maxim Gaudette, Simon, le fils
  • Rémy Girard, le notaire

Cette fiction, est très largement inspirée des événements de 1975 à 1990, au Liban.

L’histoire

Suite au décès de leur mère Nawal Marwan, originaire du Liban vivant au Canada depuis quelques années, Jeanne et Simon Marwan se retrouvent devant le notaire qui instruit les volontés testamentaires de leur maman.
Ils devront retrouver leur père qu’ils croyaient mort depuis longtemps et un frère dont ils n’avaient jamais entendu parlé.
Tout ceci sur fond d’instabilité émotionnelle, politique, religieuse, territoriale, où l’horreur côtoie la folie humaine.
Cette quête va les conduire à apprendre qui était leur mère véritablement et qui ils sont … 1 + 1 ferait il 1?
Il y a certains films qui laissent des traces dans notre mémoire, plus que d’autres et les raisons en sont multiples.
Je suis mitigé à la fois porté par l’aspect documentaire très intéressant du film, il était important de retracer les événements dans leur contexte, mais on en peut s’empêcher de se voir contraint à avaler un message politique dans la même gorgée, comprenne qui pourra.
On est catapulté dans l’histoire à grand coup de flash back, que ne démentirait pas Claude Lelouche, c’est le côté pénible du film, car il faut suivre de près le déroulement de l’histoire telle qu’elle nous est livrée, pas le choix.
Oubliez votre verre d’eau sur la table du salon et quittez ne serait ce que 2 minutes des yeux l’action et vous venez de perdre un élément du film, fil conducteur temporel alternatif quasi indispensable à la bonne compréhension de l’action, c’est d’ailleurs l’un des éléments complexe à gérer qui a fait qu’à certains moments on est dans le doute quant à la chronologie.
Les décors en milieu naturel sont très réalistes, il me semble que l’action, pour les besoins du tournage se déroule en Jordanie, les personnages d’une grande authenticité, l’histoire improbable, est entourée d’horreur, de catastrophe, de souffrances… c’est terriblement poignant et je pèse mes mots.
Jamais de la vie, vous ne pourriez vous douter de ce qui va arriver, l’histoire familiale frise l’inconcevable, l’impensable.
Si vous êtes un humain, moindrement éveillé, vous ne ressortirez pas intact du visionnement de ce film, la seconde moitié nous conduit vers les abysses, la noirceur la plus opaque qui soit, la frontière de l’avilissement de l’homme par l’homme vient d’être franchi, vous êtes avertis.
Certes, vous noterez quelques décalages dans la chronologie, quelques invraisemblances aussi, je serais curieux de connaître l’âge du premier enfant, mais rien de majeur qui ne puisse vous détourner du sujet principal.
J’aurais aimé une fin différente pour le personnage central, qui ne sert du coup que de fil conducteur, alors que c’est elle qui mène la danse d’un bout à l’autre.
Rémy Girard porte un costume fait sur mesure, comprenez par là, que son rôle de Notaire lui va comme un gant, qu’il a le charisme nécessaire, l’attitude bienveillante ainsi que le regard d’un homme face à ses responsabilités.
Sa participation est minime, mais contribue selon moi à élaborer cette partie de l’histoire et maintenir le lien vers la vérité et ceci en toute quiétude.

Ce qu’il faut retenir :

La vie d’une femme dans la fleur de l’âge qui attend un enfant, un amour impossible, l’absurde dictat des frères, cette même femme qui est montrée du doigt par ses proches et rejetée pour la vie, l’enfant qui lui est enlevé, une famille qui se construit peu à peu dans un pays en guerre, l’antagonisme Chrétiens et Arabes, le climats géo-politique instable, la cruauté, la vengeance aveugle, la méchanceté gratuite, le pouvoir, les chefs de guerre, l’enlèvement, la prison, la torture, l’exil, la vérité, la liberté, l’acceptation, la stupeur, le doute, la colère, la sidération, l’amour, les faits, le pardon, quoi que pour ce dernier j’ai un doute, je pense qu’il s’agit plus de l’acceptation des faits, sans jugement aucun, l’auteur nous laisse sur l’impression que tout est entré dans l’odre, mais à quel prix?
Un film poignant, d’une rare authenticité, qui ne devrait laisser personne indifférent, attention, âme sensible s’abstenir, l’émotion est à fleur de peau d’un bout à l’autre des 2h11 minutes que dure la projection.
Sur le plan historique, vous risquez d’en apprendre plus que ce que vos journaux ont distillé comme information sur les événements qui se sont passés et qui se passe encore dans certains coins du moyen orient, le clivage droite Chrétienne et le monde Arabe n’a pas été qu’une légende, ni un long fleuve tranquille au Liban et encore aujourd’hui…

Comme beaucoup vous serez bouleversé par ce que je considère être le film le plus touchant de l’année, j’ai mis plusieurs jours à m’en remettre.

Un mot sur Wajdi Mouawad, qui est un homme cultivé et très intelligent, au dela d’être un homme engagé… très engagé, alors soyez bien attentif au message et contenu de ses œuvres et sachez lire entres les lignes.

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