RM analog up to numeric

« Ouin, le vinyl ça sonne tellement mieux qu’un CD… » « … le numérique ça sonne analytique …  »

Allez, je vais me faire l’avocat du diable, mais sachez une chose, l’ignorance mêne au chaos, pas la connaissance.

Le thème du jour : Re Master et RealMusic = RM

RM analog up to numeric

Qu’est ce que nous écoutons réellement comme qualité sonore à partir d’un CD?

Certains en viennent à privilégier l’analogique par le truchement du vinyl (LP), d’autres reviennent (à raison) au bon vieux tape bobine, d’autres encore téléchargent de la musique high rez soit disant up sample au meilleur de ce que le numérique peut nous donner … laissez moi rire.

L’écoute de vinyl? Permettez moi d’argumenter. La chaine est tellement complexe depuis le diamant qui gratte le fond du sillon dans le vinyl, la cellule, le bras, la platine, le câble coax stéréo, le pre-phono, l’arrivée électrique, … j’ai oublié quelque chose?

Que dans ces conditions, et du fait même du mode de lecture, le résultat sera très aléatoire et seul le prix souvent exorbitant de chaque élément permettra une reproduction plus ou moins bonne, mais en aucun cas du calibre d’un fichier numérique HR à la sortie d’un DAC de qualité … Plaisant à écouter ne veut pas tout à fait dire performant, on s’entend?
Un plat peut être bon sans être savoureux, exact?
Je suis sûr que vous n’avez aucune idée du coût réel d’un système analogique performant, cela avoisine les 5 et 6 chiffres, oui, vous avez bien lu.

Difficile dans un tel climat d’incertitudes où l’imbroglio règne en maître de savoir avec exactitude quelle solution adopter pour véritablement parler de hi-fi ou mieux encore de haute fidélité, avec si possible, l’Emotion à la clé.

Depuis plusieurs années nous pouvons lire des avis de ceci, des avis de cela, de la part de gens qui ne savent absolument pas de quoi ils parlent. Les forums de discussions pullulent de ce genre de commentaires évasifs, souvent de la part de mécréants incultes et mal équipés.
L’acoustique étant loin sur la liste des débats, donner son avis sur la reproduction de la musique sans parler d’acoustique ce serait comme parler des performances d’une F1 sur un chemin de terre un jour de pluie.

Quand je pense que depuis les 25 dernières années, tous les magazines ont fait des bancs d’essai de matériel hi-fi hors de prix sans une acoustique viable et pire encore avec des enregistrements de qualité moyenne voire juste bons, ça me laisse sans voix. Tout le monde semble accepter cette état de fait avec une certaine nonchalance, quelle ironie quand on y pense; je comprends mieux les enjeux économiques liés de fait aux reviews de complaisances, situation qui ne choque personne, puisqu’il ne faut pas déranger le business qui roulent sans faire de bruit vers leur lectorat passif, à peine plus docile qu’un mouton devant la porte de l’abattoir.

Fort de ce constat, quelques mains se sont levées et certains dans cette assistance ont travaillé sur le sujet en commençant par la base, c’est à dire la musique via les différents supports disponibles.

Surprise… un bon CD, à condition qu’il ne soit pas oxydé sonne très bien sur un bon lecteur et sonne moyennement selon le degré de performance d’un autre lecteur. Je n’ai même pas encore évoqué les performances du DAC, qui selon moi joue un rôle primordial après la partie mécanique du lecteur de CD … Cela n’empêche pas que le support CD est souvent plus qu’autrement volontairement limité, c’est à dire que la musique gravée est plus ou moins compressée selon les labels.

Enfin, je dis surprise, pas tellement pour nous mais pour le béotiens, oui.

Ce que je veux dire, c’est que le son agressif et souvent très coloré dans le spectre médium aigu que vous détestez autant que nous et qui qualifie très souvent le numérique n’est en fait qu’une interprétation plus ou moins erronée du vrai responsable. Sur certains CD la musique est carrément mauvaise, une insulte pour le consommateur qui vient de débourser 20$. Mais la responsabilité s’étant à bien d’autres aspects de la chaine de reproduction de la musique, mais commençons par le début, la base, si vous le voulez bien.
Le constat de médiocrité vaut aussi pour certains vinyls et musique dématérialisée HR ou pas, je vous rassure.

vinylizedcdsound.net par Guillaume Chalaron

vinylizedcdsound.net par Guillaume Chalaron

Dans mon contexte :
J’aime le son du CD, car je suis bien équipé pour le lire, j’aime la musique dématérialisée car je suis bien équipé pour la lire. Concernent le vinyl, mon équipement ne me permet pas de rivaliser avec le numérique, dont acte.
Les écoutes se sont effectuées tour à tour depuis mon système hi-fi stéréo à un niveau de -20db à +/- 2db et au casque avec un Sennheiser HD800 câblé avec le tout nouveau ADL carbone rhodium iHP-35 via un DAC Resonnessence Labs DSD version HP et mon vénérable Mac Book Pro i7.

Je me suis entretenu avec Guillaume Chalaron, qui a décidé de sortir de l’ombre après avoir si longtemps été insatisfait par la piètre qualité de la musique sur support numérique, qu’il a décidé de changer ça.

Guillaume Chalaron

Guillaume Chalaron

Peux-tu te présenter à nos lecteurs?

Je suis né en 1969 en France
Issu d’une famille très attachée à la musique (mère pianiste classique et père ingénieur et amateur de jazz)
je m’oriente vers les sciences (traitement des signaux) puis vers la musique.
Médaille d’or de guitare classique en 1998 au CNR de Cachan, je poursuis dans l’enseignement de la guitare et la composition.
Actuellement je gère AudioMasterDeveloper qui conçoit une façon nouvelle d’écouter la musique en traitant les données des supports numériques afin de les rendre en haute définition musicale.
Suite logique, le RM est née.

Comment t’est venue l’idée de retravailler des fichiers audio?

Parlons de l’enregistrement studio de départ et du travail de mastering.
Meme si la qualité dépendra du mastering numérique, dans tous les cas tout format numérique à une limite propre en terme de capacité :
-à stocker l’info A/D
-à reproduire l’info D/A

C’est exactement le double problème du numérique selon moi 24bits/96kHz et les DXD sont des formats mieux placés pour restituer l’original; on en convient.

J’ai compris que la conversion D/A était capitale.

Bref, le Cd nous arrive et on l’écoute.

Il peut être entendu de manière plus ou moins intéressante suivant le drive, le DAC et le câblage.
Plus tard je réalise que les fichiers rippés d’excellents vinyls sonnaient vraiment mieux que le CD à DAC égal.

Pour comprendre, le 16bits 44kHz est un échantillon de l’original par définition extrêmement bien exploité par la techno numérique (player dac etc)

Graph du CD

Graph du CD

Le vinyl est analogique et présente un compromis bien plus fidèle de l’original live.
Pas d’échantillonnage car pas de numérisation, pas de pre ringing…
Le vinyl est le format le plus fidèle de la prise de son.
Mais l’équipement pour le lire est important pour lui trouver un équilibre sonore juste.

En résumé, selon moi les infos sur le CD sont limitées à la base (16bits 44kHz) face au contenu des vinyls même si d’énormes progrès de lecture sont réalisés (ex dac DSD)
Il m’est alors venue l’idée d’intervenir sur les fichiers eux mêmes.
Le traitement du signal par protocole démarre. N’oublions donc pas que le transfert Analogique -> Digital est déterminant.

Player Audirvana Plus V2.2.4

Player Audirvana Plus V2.2.4

Quel est le procédé qui te conduit à la version RM?

Je suis parti de zéro une dizaine de fois pour établir une chaine d’effets numériques allant modifier le son du ripp CD.
Le nouveau fichier devait sonner dans le sens des ripps vinyls HD
Je travaille en comparant le protocole aux:
vinyles UHQR
vinyles 45s
DSD64
24/192 copies de master tapes
Cd gold mofi ultra analog II
Bluray
Cd remaster par x

Il y a des pertes de la master tape à TOUS les formats cités ci-dessus.
Elles sont minimisées sur les 45s et plus importantes sur les formats 16/44.1
N’oublions pas que le transfert Analogique -> Digital est déterminant.

Différentes résolutions

Différentes résolutions

Quel matériel utilises-tu pour ripper un vinyl?

Mes rips de vinyls proviennent de professionnels bien équipés et très exigeants sur le ripp final.
Ces supports constituent la direction sonore du RM applicable sur les versions CD.

Exemple:

Vinyl Ripping Process/Equipment

Vinyl Cleaning Process
– 3 Liter Ultrasonic Cleaner (Tap water with Sporicidin) on custom rotating assembly at 1 RPM for one hour
– Vacuum off with Nitty Gritty
– AIVS Premium Record Cleaner Formula No. 15 applied with Mofi Brush while rotating on VPI 16.5
– McCulloch MC-1275 Heavy-Duty Steam Cleaner applied with Mofi Brush while rotating on VPI 16.5
– Vacuum off with VPI 16.5
– L’Art du Son Record Cleaning Fluid applied with VPI Bristle brush
– Vacuum off with VPI 16.5
– Whole Foods Deionized Water applied with Mofi Brush (Separate from AIVS Mofi Brush)
– Vacuum off with VPI 16.5
– Flip record and repeat
– Place record on Plate Demagnetizer

Turntable Equipment Profile
– VPI Scoutmaster with inverted bearing and 300 RPM motor
– VPI Center Record Weight
– VPI Periphery Ring Clamp
– Gingko Cloud 11 Vibration Control Platform
– VPI Synchronous Drive System turntable motor speed controller and line isolator
– Trans-Fi Audio Terminator T3Pro tangential tracking air bearing tonearm
– Zyx Airy 3X-SB cartridge

Phono Stage Profile
– Musical Surroundings Phonomena Phono Preamplifier
– Musical Surroundings Battery Power Supply

Analog/Digital Convertion
– E-MU 1212M (the 1212M contains the same A/D converters used in Digidesign’s ProTools HD 192 I/O interface)
– Adobe Audition 3.01 running on Windows XP in a Shuttle PC form factor

Post Processing Of Audio
– Run thru ClickRepair(if necessary) at level 7 with
– Pitch Protection | off
– Reverse | on
– Simple
– Resample to 96khz in Izotope Rx2 using the default preset
– Manually listen to album in Adobe Audition cleaning any clicks/anomalies
– Flac with Xrecode II for hi-rez files

Quel matériel utilises-tu pour ripper un CD?

Le CD est rippé sur un SSD Samsung 840 avec un lecteur interne de PC en bit perfect en utilisant le logiciel foobar avec un resampler ssrcx.

Expliques nous comment tu arrives à partir d’un fichier 16/44.1 à du 32bits?

En partant de 16bits je travaille en 32 et 64bits pour délivrer un fichier en 32bits qui découle du master réalisé en DSD512.
La manière d’utiliser le DSD512 inclu dans le protocole améliore le résultat final de manière évidente.

Expliques nous les différences qui existent entres les différents résultats?

Le RM abouti délivre une restitution sonore similaire à l’écoute d’un vinyl de qualité dans de très bonnes conditions.
Le gain est général.
Le volume sonore grandit et se transforme en 3D avec plus d’aération et de variations sur les timbres et la dynamique.
La scène sonore est extravertie sans nous coller aux oreilles.
Le CD apparaitra compressé, sans grande dimension en comparaison.

À qui s’adresse ton procédé?

Aux audiophiles exigeants sur la qualité de restitution audio ou tout simplement à ceux qui cherchent les avantages du RM.
Il peut s’agir des labels et du monde de la production musicale et électronique high tech.

Penses-tu que la bande magnétique pourrait revenir jouer les trouble fête?

C’est tout honneur pour le RM d’approcher les qualités sonores offertes par les bandes magnétiques analogiques !
Le RM peut réconcilier digital et analogique.

Ce n’est pas courant!
Le digital doit rester un outil de travail ou de restitution au service de la grande qualité sonore des bandes analogiques.
Meme si les enregistrements sont rarement sur bandes depuis les années 90 les progrès du numérique pourraient bien être en mesure de restituer l’enregistrement comme s’il était réalisé sur bande magnétique c’est à dire plus authentiquement.
lien enregistrement sur bande analogique versus digital HD.
Il faut analyser ce qui se perd et le recréer artificiellement le mieux possible.
C’est ce que montre les récents fichiers RM.

Tu sembles pouvoir améliorer encore la version RM de tes fichiers, dans quelle direction vas-tu aller?

La direction du RM est celle de la qualité des fichiers la plus proche de la bande master.
Dans le cas d’enregistrement studio en 24bits/96kHz modernes, le RM va même « retourner le son » à la façon d’un enregistrement sur bande en y ajoutant une partie de la distance qui sépare l’analogique du numérique.

Quelle recommandation fais tu pour les gens qui veulent s’initier à la musique dématérialisée?

L’important c’est le fichier source.

Si l’original est en 24/96khz, la version CD en 16/44 ne peut pas être catastrophique;
Si l’original est sur master tape, le fichier 24/96khz ne fera sortir que 50% et le CD 35%;
On n’imagine pas à quel point la master tape dépasse les meilleurs vinyls qui déjà dépassent tous les formats numériques.
Depuis les enregistrements numériques studio en 24/96kHz, on a perdu la quête du son plein authentique et ouvert des discussions trop chiffrées dans le digital alors que le débat est de savoir comment limiter les pertes A/D et non D/A.
C’est vers la propagation dématerialisée que s’oriente la musique du futur.

Dans un monde idéal, que devraient faire les gens de mastering?

Sortir du loudness war et retrouver au moins la dynamique de certains vinyls comme le UHQR par exemple.
Ce dernier part très bien des originaux…
L’utilisation de la musique en mp3 sur oreillettes etc… n’a jamais interdit de disposer d’un master de qualité et c’est même recommandé.

Serait-il raisonnable de penser que la qualité d’un CD n’est vraiment pas égale?

L’écoute d’un CD provient d’une longue chaine dont les premiers maillons sont délicats.
Il y a la qualité des infos sur CD, la qualité des matériaux du CD, la qualité de lecture et de conversion D/A.
Tout s’améliore avec le temps et les écoutes deviennent intéressantes mais, les données sur 16/44kHz ne sont qu’un condensé du message d’origine.
Ce qui fait la différence entre un enregistrement authentique sur CD et un autre moins bon, c’est le mastering.

Un dernier point sur le DSD

Le DSD remaster utilise la conversion en DSD512 pendant le process, Il permet ensuite de travailler en pcm à partir d’un échantillonnage plus élevé de 22578200 Hz.
Cet outil après test m’est apparu nécessaire comme le font certains DAC en DSD128 à la volée.
Le gain dans le cadre du RM est un rendu plus « analogique » avec un sens de la spatialisation plus précis et large ainsi que des attaques plus nettes et riches en harmoniques.
Ayant essayé tous les DSD sauf le 1024, la conception finale du RM ne nécessite pas de lecture par DAC DSD qui pourrait « désincarner » le contenu musical.

Avec le DSD 512 on est déjà sur une autre planète.
Le maillon Source s’améliore sous sa forme.
Le RM le restructure sur le fond et se définit aux formats 32 et 64bits.

Avant et après RM

Avant et après RM

Guillaume Chalaron
AudioMasterDeveloper

http://www.rootmastersound.com


Conclusion

Ce qui importe c’est la richesse harmonique, la dynamique et l’équilibre tonal, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Guillaume et son RM font leur entrée parmi les grands, il va falloir suivre ça de près. Mais il reste que le CD, du moins chez moi, est encore très performant, puisque je possède un lecteur de haut de gamme bien installé sur sa tablette tripode et dans une acoustique viable.
Sachez que Guillaume nous a concocté pas moins de 12 versions différentes du fameux Jeff Buckley et son « Hallelujah ».

PureAudioProject 15TB aux premières heures d'installation.

Contexte perso pour les écoutes de musique.

Vous l’aurez compris, si des solutions existent afin d’améliorer notre expérience auditive à l’écoute de fichiers numériques dignes de ce nom, tel que Guillaume nous l’expose, il reste que bien d’autres éléments entrent en jeu avant d’obtenir la pleine performance, d’une part au cours du process, mais également vers la destination finale, à savoir l’auditeur.

Mon conseil, si vous voulez apprécier votre collection de CD à sa juste valeur, lisez les sur un lecteur digne de ce nom, associé à un DAC performant et là mes p’tits amis on s’en reparlera. Je fais des démos quasiment tous les jours dans mon auditorium et le son reproduit de mon lecteur CDP integris (Fait au/made in Canada) versus la platine analogique ou même l’ordinateur, n’a pas à rougir ou se reprocher quoi que ce soit, on parle ici d’un son fidèle à l’original, en 16/44.1 s’il vous plaît.

Pourquoi l’industrie du disque nous propose des CD de piètre qualité en terme de dynamique?

Mais parce qu’ils savent bien que nous sommes une minorité à posséder une système audio capable de restituer fidèlement les sons sur une plage dynamique étendue, les 90% des gens se foutent royalement de ce qu’ils ne sont pas en mesure d’entendre. Un petit système sonnera globalement mieux si la musique est compressée justement. On peut donc dire que tout est fait pour satisfaire la masse « bienveillante » au détriment des puristes.

fast food vs gastronomie, même combat.

Dernière précision à toutes fins utiles, sur ce qu’est la musique compressée:

Le son semble plus « plein » avec moins de dynamique, puisque la dynamique est tronquée aux deux bouts.
Il suffit de relever les bas niveaux et de tailler les hauts niveaux pour avoir un son fort sans saturation.
L’inconvenient, une fatigue auditive apparait après un certain temps car il manque les vrais nuances d’origines.
C’est un problème grave plus que le mp3 car il concerne généralement la façon de masteriser actuellement.

La compression augmente le poids et l’intensité, retire de l’aération, masque les harmoniques dans la fondamentale (perception sonore), c’est loin d’être fidèle.
Le format 16/24 ou 32 plus aussi important.
Le 32bits quantifie beaucoup mieux toutes les variations dynamiques du spectre entier donnant une définition des détails isolés ou dans un forte continu.
Le RM combine décompression sous format 32bits et échantillonnage raisonnable 44/88 voire 176 expérimenté actuellement on many way.
L’outil DSD utilisé permet des écoutes fluides à échantillon raisonnables.
Le RM réduit le pre-ringing propre au digital et augmente vitesse et dynamique des impulsions réduites en 16/44.1 format Cd mais bien meilleures en DSD256.

Le RM ajoute la difference perçue entre les signaux digitaux et l’analogique en faveur de ce dernier et garanti une dynamique à l’identique ou presque, une diaphonie au delà de la plupart des supports vinyls.
Le RM est une approche de restitution fidèle de la musique en 32bits optimisée en .flac sans les inconvénients du numérique ou du moins de tous les défauts que l’on entend au sujet du numérique.

Curieusement dans mon contexte, tous les fichiers numériques dématérialisés ne se valent pas, le flac sonne globalement mieux que le wav dans la majorité des cas, mais quand ce dernier sonne et bien il est clairement supérieur au flac … va comprendre.

Player Amarra V3

Player Amarra V3

De toutes les écoutes que j’ai expérimenté à partir des fichiers RM de « Hallelujah » de Jeff Buckley via Guillaume, 4 sont nettement sortis du lot :

  • Une version en 16/44.1 ripp « propre » depuis le CD original de 1994, dont les principaux acteurs sont Howie Weinberg au mastering et Andy Wallace au mix, rien de moins. je possède cet exemplaire.
  • Les versions DSD512 et DSD64,
  • Une version LP en 176 le travail de Bernie Grundman en 2014.

J’ai aimé la version LP non pas pour ses qualités, mais pour ses défauts justement. Plusieurs personnes en sortie d’écoutes, ont fait le même constat. Il y a un côté organique séduisant dans le son d’un vinyl.
Des fois il ne faudrait pas comparer …

Comme vous le lirez ci-dessous, nos avis parfois contradictoires sont le reflet de ce que j’ai évoqué en terme de contexte singulier et de l’incidence de plusieurs facteurs sur le son, en particulier l’acoustique de la pièce, la nature des électroniques, le ou les players informatiques, le DAC, le câblage, etc…
Pour ma part, j’ai jonglé avec 3 players : Audirvana Plus 1.5.12, Audirvana Plus V2.2.4 et enfin, Amarra V3, les différences sont vraiment importantes.
Le meilleur des 3 est sans aucune ambiguïté Amarra V3, mais ce dernier ne sait ni lire le 32bits, ni ouvrir un fichier ISO … ce qui dans la circonstance est rédhibitoire. Way out.
J’ai donc basculé pour toutes mes écoutes comparatives avec Audirvana Plus V2.2.4, un compromis honorable qui offre aussi la souplesse de l’utilisation de la Apple remote. Mais il reste encore du chemin à Damien Plisson pour venir inquiéter Amarra sur son terrain de prédilection, le 16/44.1 et 24/96. On est avec Amarra du calibre d’un lecteur de CD haut de gamme à 10 000$ et plus. Son tarif est largement justifié, dans sa version de base.

J’ai demandé à Eric Juaneda son avis après avoir participé aux écoutes comparatives :

Bonsoir Marc,

Très intéressant ce test de musique.

Tout d’abord j’ai converti tous les fichiers musicaux au format .wav en 32-bit float en conservant la fréquence d’échantillonnage d’origine. Ceci afin d’éviter les altérations sonores liées à la décompression en temps réel.
Travaillant sous windows 7 et Foobar, le 32-bits float donne les meilleurs résultats sonores. Sans doute parce que Foobar travaille en interne en 32-bits float.

1) Le format RM
Commençons d’abord par le RM qui à ce que j’ai compris est une amélioration d’un original en 16-bit 44.1KHz.
Le résultat est vraiment remarquable : une dynamique réaliste, bien large, des timbres moins râpeux, des instruments bien pleins.
Comparé à des morceaux dénommés SACD ou LP, même si le RM ne rivalise pas, il en est proche. Il ne sombre pas dans le trop, trop euphorique, trop dynamique ou trop détaillé ; c’est très réaliste.
Vraiment un super boulot qui sonne juste.

2) Le format LP
Il est clair qu’avec une bonne platine et cellule, les résultats sont bien au-dessus des résultats du CD 16-bits 44.1KHz.
Dans toutes les écoutes que j’ai réalisé, le LP se situe, en termes de qualité, au-dessus du RM.
La dynamique est superbe, le timbres sont justes, il n’y a pas la présence de brillances anormales dans le haut du spectre (>10KHz) comme on trouve couramment même au sein de studio master 24-bits 96KHz ou plus. Le rendu est vraiment très agréable.

Le meilleur « Hallelujah » de Jeff c’est en DSD 512, certain que ça change la donne. Pas ou peu de perte de définition comparé au DSD 64. On est sur du très haut niveau de qualité.

Je suis tombé sous le charme de Jeff Buckley et son « Hallelujah ». Qu’est-ce que c’est beau !

Junilabs

Manager : Eric Juaneda

Site web perso : http://tech.juaneda.com
Page web professionnelle : http://www.junilabs.com

Bon, vous l’aurez sans doute compris, le RM ça fonctionne plutôt bien et Guillaume ne donnera pas sa recette pour rien. Il reste que vous pouvez le contacter si cette aventure vous tente, c’est une personne ouverte à la discussion et passionnée de musique.

Je ne l’ai pas mentionné plus haut, mais Guillaume nous est revenu avec deux autres RM d’une qualité rare, signe qu’avec le recoupement d’avis divers et variés, il est possible de s’ajuster avec une plus grande précision.

Concrètement, qu’est ce que le RM apporte?

En premier lieu, ça fonctionne, en ce sens que oui, le RM a un effet positif sur la musique ainsi re-travaillée.

Sur les dernières version appelée « full » on retrouve la dynamique originale associée à l’émotion. On s’éloigne des écoutes mécaniques, chirurgicales ou analytiques, rien de cela avec le RM qui même au travers d’un DAC DSD de base, est capable de nous procurer des frissons. Oubliez un instant ce que vous savez du numérique, je vous dirais que nous sommes à mi-chemin entre un master tape pour la dynamique et un LP pour le grain.
L’image stéréo tous comme les timbres, sont réalistes. J’ai eu à quelques reprises la sensations de visualiser l’artiste, ressentir son souffle, …
Je dois avouer que c’est en « live » depuis le système stéréo que les nuances me sont apparut avec évidence, car au casque, c’était plus subtil.

Si j’en crois mon instinct, il y a fort à parier que Guillaume parvienne à améliorer encore son process et tel l’initié qui trace le premier chemin, d’autres vont lui emboîter le pas.
J’espère que le message se rendra aux intéressés de l’industrie de la musique, les acheteurs de disques et à fortiori de musique, ce sont les gens comme nous, mélomanes et passionnés, qui avons investi beaucoup de temps et d’argent dans un système Hi-Fi. Les autres? et bien ils téléchargent de la musique gratuitement et n’achètent rien d’autre que des iBidules et une paire d’écouteurs pour balader, les formats de musique High Rez ne les touchent pas plus que ça, en autant qu’ils puissent faire rentrer 100 000 chanson dans le iBidule, c’est cool.
Cool, certes, mais ce n’est pas ça qui rentabilisera la vente de musique numérique, vendre du média de qualité médiocre va faire fuir le client qui comme les adolescents de 2015 vont se procurer de la musique, sans avoir à la payer.

Alors, il est encore temps de vous réveiller chers amis de l’industrie du disque, si vous voulez encore nous vendre de la musique il va falloir arrêter de nous prendre pour des sourds 🙂


La pensée du moment

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. [Confucius].


Cet article a été rédigé par Marc PHILIP rédacteur indépendant, tous droits réservés, copyright 2015, les textes et photos sont la propriété de l’auteur et du magazine, sous licence creative commons : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.5/ca/

Bonne journée et bon divertissement.

À propos de Marc Philip

Autodidacte et passionné de musique, photographie, cinéma, gastronomie. Apprécie les bons moments de la Vie, et surtout aime les partager avec les autres. Je déteste les imbéciles, surtout ceux qui ne sont même pas foutus d'être heureux.

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