Qu’est ce que le FIME ou plus précisément le FIMÉ?
Il s’agit du Festival International des Musiques d’Écran.

Le concept original est le suivant, de la musique jouée en direct sur de vrais instruments pour accompagner la projection d’un film muet.

Jean-François Zygel au piano pour débuter cette saison N°4.
Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, Jean-François Zygel, musicien, a plusieurs cordes à son arc.
Pianiste, compositeur et animateur d’émission musicale à la TV, il sait avec aisance passer d’une interprétation classique à une improvisation, il sait parler de musique avec simplicité et peut même vous faire aimer le classique par ses explications didactiques aux accents d’anecdotes passionnantes.
Il est également professeur au Conservatoire de Paris.
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Dimanche 9 novembre après midi à Hyères dans le Var, le public a pu apprécier une fois encore une prestation de tout premier ordre de la part de Jean-François Zygel, plus connu pour son émission télévisée qui a été diffusée cet été sur France 2, la boite à musique.

Il s’agissait d’accompagner au piano, en totale improvisation, le film muet L’Argent du réalisateur Marcel L’Herbier.
Film muet Français de 1928 d’une durée de 180 minutes en noir et blanc, avec dans la distribution Pierre Alcover, Mary Glory, Brigitte Helm, Antonin Artaud et Jules Berry.
Vue depuis le fond de l’auditorium, pour illustrer le contexte.

Ce spectacle a débuté par une rapide présentation du film dés 15h pour se terminer à 18h45.
Jean-François Zygel a su trouver ses marques assez rapidement, car il lui aura fallu moins de 30 minutes pour véritablement rentrer dans la trame du film; une belle performance si l’on tient compte du contexte :
- Obscurité quasi totale;
- Une seule entre acte;
- Pas de préparation;
- Un homme et un piano en direct.
Image prise dans l’obscurité, à la main levée :

L’Argent est un sujet d’actualité, j’oserai dire que l’histoire inspirée de l’œuvre d’Emile Zola colle parfaitement à notre actualité du moment.
Premières notes et premier constat : la dynamique du piano est parfaitement restituée, l’acoustique est bonne, les spectateur attentifs et connaisseurs.
Le piano utilisé pour la circonstance, un Steinway & Sons :

Vue latérale depuis la scène, ce que le public ne pouvait voir :

Pour les non initiés, visualiser un film muet en noir & blanc demande un temps d’adaptation; une fois cette étape franchie, le regard s’habitue à suivre les personnages du regard en guettant toutes les expressions des visages, des regards, extrêmement contrastées et intenses, c’est fou comme le cinéma moderne a perdu avec l’apparition du son.
Salut au public en fin de spectacle :

Au rappel :

Phénomène curieux, on se surprend à lire sur les lèvres les dialogues avant même que ceux ci soient retranscrits à l’écran, bref, on est totalement immergé dans l’histoire, et il n’y a que le son du piano, qui soudain vient apporter sa touche mélo-dramatique pour souligner une scène, alors que jusque là les sons s’enchaînaient et paraissaient faire parti du décor.
À noter que la dynamique du piano s’est exprimée librement.
Hommage humble rendu au film par Jean-François Zygel :

Les spectateurs, très attentifs, devaient être des connaisseurs pour à se point respirer en cadence au rythme de l’action, on pouvait entendre la salle vibrer quand sur une longue note de piano aux résonances profondes, on allait jusqu’à entendre l’extinction de la dernière note durant plusieurs secondes, telle une longue expiration.
Jean-François peut être satisfait, le public le lui rend généreusement.

Pour le final, c’est une explosion de joie sincère qui s’est élevée des spectateurs, signe qui ne trompent pas, Jean-François Zygel est non seulement un pianiste adroit, une sorte d’équilibriste de l’improvisation, mais c’est surtout homme de talent, tout simplement, le public était là pour lui témoigner sa grande reconnaissance.
Dommage que son emploi du temps ne lui ait pas permis de s’arrêter pour quelques dédicaces de son CD de musique et du DVD du film L’Argent qui venait d’être présenté.
Une fois de plus, c’est la musique qui est sortie grande gagnante de cette joute cinématographique, on en redemande.
C’était une étonnante prestation de Jean-François Zygel, pianiste.

Note personnelle.
Bravo, ce fût ma première expérience du genre et j’avoue avoir été captivé; je retiens quelques clins d’œil musicaux, en particulier le passage où Jean-François nous a servi une version de la Marseillaise, revue et corrigée, qui se prêtait impeccablement à la scène.
Cet artiste n’a pas fini de nous étonner, nous émouvoir, en toute simplicité.
Le festival n’est pas terminé, il nous reste encore quelque bons moments de ciné-concerts à partager.
Laurence Recchia, responsable du FIMÉ a bien voulu prendre un peu de son temps pour répondre à nos questions.
Depuis combien de temps existe le FIME?
Le Festival International des Musiques d’Ecran existe depuis 4 ans. Vous trouverez toutes les informations le concernant, la programmation de cette 4e édition et de l’édition précédente sur www.filmharmonia.fr.
Jean-François Zygel a t il déjà participé par le passé à un événement du genre?
Oui, Jean-François Zygel est un des plus grands spécialistes de l’accompagnement musical de films muets, en France.
Il accompagne assez souvent des films muets en ciné-concert, seul, ou accompagné par d’autres musiciens. Il a accompagné de nombreux films muets pour le festival « Cinémémoire », à Paris dans les années 90.
Ces dernières années, il continue d’en accompagner, le plus souvent possible, il nourrit une véritable passion pour le cinéma muet.
Il est souvent invité par le festival de l’Empéri, à Salon-de-Provence, et c’est la deuxième fois qu’il vient à Toulon, dans le cadre du Fimé, pour accompagner un film muet.
Il donne également des récitals partout en France très régulièrement, ainsi que des « Leçons de musique », notamment au Théâtre du Châtelet, à Paris.
Comment avez vous obtenu la collaboration de Jean-François Zygel?
En 2005, lors de la première édition du Fimé, nous lui avions proposé de venir d’une part pour accompagner les films ‘Paris qui dort » et « Le Voyage imaginaire » de René Clair, au piano, et d’autre part, pour donner une « Leçon d’accompagnement musical des films muets », au Conservatoire (CNR de TPM).
Il avait accepté notre invitation, et depuis, nous avons gardé le contact. Il reviendra très certainement pour d’autres éditions du Fimé.
Le Steinway dont s’est servi Jean-François Zygel, appartient à qui?
Nous l’avons loué auprès des Pianos Justet (Aix-en-Provence).
Quel est le modèle de piano, est ce un Type D?
Oui, c’est un Steinway grand concert.
Hyères est il le pôle central de ce festival?
Le Fimé est un festival itinérant qui se déplace chaque jour dans un lieu différent de l’agglomération de TPM (Toulon Provence Méditerranée) pendant 10 jours.
Cette année, deux événements sont programmés à Hyères, deux à Toulon, et les autres soirées sont organisées dans d’autres communes de l’agglomération.
Êtes vous satisfaite du déroulement du FIME cette année?
Oui. Nous aurions aimé que le ciné-concert « L’Argent » attire davantage de spectateurs.
Mais dans l’ensemble, la fréquentation est bonne. Les deux séances de « Pierre et le Loup » prévues pour la clôture du Fimé, le 16 novembre, affichent complet…
Comment sont choisis les thèmes film et musique?
A partir d’une thématique, cette année : passion(s), les films sont sélectionnés, puis les accompagnements musicaux.
Mais parfois, c’est l’envie d’inviter un groupe de musique qui guide le choix du film.
Qu’est ce qui vous a amené à devenir responsable du festival?
Nous avons créé Luc Benito et moi-même l’association filmharmonia en 2004, puis ce festival en novembre 2005.
Nous avons voulu, par ce festival, initier et diffuser des croisements entre musique et cinéma, pour permettre au public de (re)découvrir des chefs d’oeuvre du patrimoine cinématographique, par l’intermédiaire de relectures musicales proposées par des musiciens d’aujourd’hui, venant d’univers différents (musique contemporaine, jazz, musique électronique…).
Quel est votre souhait pour le futur?
Nous souhaitons que ce festival continue à se développer, à toucher toujours davantage de public et qu’il puisse proposer des rencontres inédites au croisement entre musiques et images, toujours plus originales.
Pour cela, nous ouvrons peu à peu la programmation du festival à des nouvelles images (sans dialogues) qui donnent, comme les films muets plus anciens, l’opportunité d’être regardés avec un accompagnement musical « live », au pied de l’écran.
Contact organisation.
Responsable du festival : Laurence Recchia
Informations et réservations : 04 94 21 60 18
Site web : www.filmharmonia.fr
Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions et vous souhaitons un bon déroulement du festival.
Cet article a été rédigé par Marc PHILIP rédacteur indépendant, tous droits réservés, copyright 2008, les textes et photos sont la propriété de l’auteur et du magazine, sous licence creative commons.
Bonne journée et bonnes écoutes.










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